A. Minc s’est encore distingué récemment en inventant des dépenses de santé astronomiques (100 000 euros en 15 jours) pour son père qui selon lui, avait bien les moyens de payer cette somme. Il en a conclu que la solidarité nationale, pour les « vieux riches », ça commence à bien faire… L’exemple mensonger est « subtilement » choisi puisque Minc insiste sur la richesse de son père par rapport aux besoins de la quasi totalité de la population qui n’a pas les moyens de s’offrir 100 000 euros de dépenses de santé.

Evidemment, nous avons tous immédiatement perçu les conséquences périlleuses de cette provocation pour notre système de protection sociale et la solidarité nationale.

De mon point de vue, cette dernière assertion de Minc a juste servi à le décrédibiliser encore plus puisqu’il a prouvé qu’il ne connaît tellement rien au système de santé français qu’il s’attendait à des sommes 5 ou 6 fois supérieures au véritable coût de l’hospitalisation de son père.

Baisse des remboursements, dépassements d’honoraires, déséquilibres territoriaux

Mais surtout, je préfère rappeler la politique réelle du gouvernement de N. Sarkozy et de F. Fillon : après la création de la participation forfaitaire en 2004, les franchises médicales ponctionnent encore plus les malades depuis 2008. Elles ont rapporté plus de 900 millions d’euros en 2009 !!!

Non content de prendre dans les poches des patients, le gouvernement ne fait en revanche aucun effort pour mettre un frein à l’augmentation drastique des dépassements d’honoraires médicaux, malgré leurs dénonciations récurrentes par l’Igas ou la Cour des comptes, les amendements déposés chaque année par les parlementaires socialistes pour limiter les honoraires réclamés par certains médecins et les tentatives de quelques parlementaires Ump un peu plus sensibles à l’accès aux soins des Français que le N. Sarkozy.

Les déséquilibres croissants de l’implantation territoriale des médecins généralistes et spécialistes et des autres personnels de santé posent aussi d’importants problèmes d’accès aux soins. Depuis 2002, le gouvernement n’a rien produit de concret sur ce sujet non plus. Huit ans perdus dans la lutte contre une répartition de plus en plus déséquilibrée des médecins !

La situation a atteint une telle urgence que la région Ile de France a déjà financé 10 maisons médicales de garde, 26 centres de santé et plusieurs maisons de santé pluridisciplinaires lors de sa précédente mandature. A partir de 2010, la région va accroître son effort pour soutenir ces maisons et ces centres et améliorer l’accueil des patients dans les urgences des hôpitaux publics, devenues un palliatif aux difficultés croissantes d’accès aux soins des Franciliens.

Il faut rappeler sans cesse que la santé et l’assurance maladie relèvent de la solidarité nationale, conformément au Programme national de la résistance et à la Constitution et que le financement de la solidarité nationale doit peser non seulement « aussi sur les riches », mais surtout être inclus dans une fiscalité progressive, socialement juste et économiquement efficace.