N. Sarkozy a décidé d’imposer aux Français deux ans de cotisations supplémentaires pour leurs retraites. Avec son projet de loi, dans quelques années, il faudra attendre 62 ans pour avoir le droit de prendre sa retraite, mais aussi… 67 ans pour obtenir une retraite à taux plein sans avoir cotisé le nombre d’années nécessaires (au lieu de 65 ans aujourd’hui).

Or plus on est âgé, plus on a de risque d’être au chômage… en 2007, 48 % des personnes qui prenaient leur retraite étaient sans emploi. N. Sarkozy et le gouvernement savent très bien que le recul de l’âge de la retraite ne va pas augmenter le travail des « seniors », cela va juste mécaniquement diminuer le montant des retraites de deux ans de pensions par personne… et produire plus de chômeurs pauvres âgés et de retraités pauvres (plus on a passé d’année « d’activité » au chômage, moins la pension de retraite est importante).

En outre, le ministère du Travail vient de produire une étude sur les « sorties » du chômage en décembre 2009 : seulement 44 % des 481 000 personnes sorties des chiffres du chômage ce mois-là avaient retrouvé un emploi. Sur 481 000 radiations, près de 270 000 n’avaient toujours pas d’emploi en janvier 2010.

Ce chiffre est encore pire pour les plus de 50 ans : seuls 37 % des personnes de plus de 50 ans qui avaient quitté les chiffres du chômage avaient retrouvé un emploi.

Quelle meilleure démonstration de la « condamnation » au chômage et à l’inactivité que cette étude produit par les services de M. Woerth, en charge de la loi sur les retraites !

A côté des effets dévastateurs sur la situation économique, sociale et même morale des plus de 60 ans, Pôle emploi a déjà calculé que les deux années supplémentaires à verser aux chômeurs (très) âgés (65–67 ans) coûteraient 265 millions. Cela hors coûts des indemnités pour les chômeurs qui devront attendre tous deux ans supplémentaires avant d’avoir le droit de toucher une pension, entre 62 et  65 ans.

Il s’agit donc non seulement d’un projet de profonde régression sociale, mais aussi d’un nouvel exemple de politique de gribouille, qui consiste à jouer aux vases communicants entre assurance retraite et assurance chômage.