Par Karine PERRET

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  PARIS, 24 août 2011 (AFP) -
Le jour même de l'annonce du plan anti-déficit du gouvernement, François Hollande, candidat à la primaire
socialiste, a présenté mercredi ses propres mesures pour "sortir de la crise", qui passeront par la "relance", la "vertu" budgétaire et une "réforme fiscale d'ensemble".
     "La première des solutions, c'est la croissance. La croissance doit être la première exigence du prochain président de la République et de la prochaine majorité", a lancé l'élu corrézien, actuel favori des sondages
dans la course à l'investiture PS pour 2012.
     Dans une mise en scène très présidentielle, justement, avec pupitre transparent sur lequel était inscrit "sortir de la crise", mitraillé par les flashs des photographes, il s'exprimait à la Maison de l'Amérique
latine après avoir réuni plusieurs économistes, dont Elie Cohen (CNRS), Jean-Hervé Lorenzi, (Cercle des économistes), ou encore Philippe Aghion (Harvard).
     Objectif de la réunion : obtenir des "propositions qui nous seront précieuses", a souligné l'ancien premier secrétaire du PS, annonçant qu'il entendait renouveler "l'expérience tous les trois mois".
     Avant l'heure, M. Hollande n'a pas manqué de qualifier de "bricolage" et d'"expédient de plus" les mesures gouvernementales attendues mercredi soir, sur la foi des multiples fuites ces derniers jours dans la presse.      "J'ai le sentiment qu'il ne restera rien du paquet fiscal" voté à l'été 2007, a-t-il relevé, se demandant si après autant de "renoncements" cela "valait la peine" pour Nicolas Sarkozy de se représenter à l'élection présidentielle. "Le plus grave, c'est qu'il n'y pas de cap, pas de stratégie" de la part du gouvernement, a jugé le député de Corrèze.
     François Hollande a rappelé les principaux axes de son programme: une relance de la "croissance", donc, qui passe par l"'éducation, la croissance verte, l'investissement"."Vertu" et "responsabilité budgétaire" ensuite, a-t-il énuméré, assurant avoir pour "cap" d'arriver à un déficit de 3% du PIB en 2013. Il a martelé son opposition au vote de la "règle d'or" d'équilibre budgétaire, qui n'"effacera pas les déficits". Et a réitéré sa proposition d'une "loi de programmation de nos finances publiques" pour être "autour de
l'équilibre" à la fin du prochain quinquennat, passant par "une réforme fiscale structurelle, d'ensemble".
     Accusés par le gouvernement d"'immaturité" en matière budgétaire, les socialistes ont multiplié les initiatives, tout au long de l'été, pour crédibiliser leur programme économique. Le contexte de la primaire a
également contraint les candidats à se démarquer les uns les autres.