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En 2010, le déficit de l’ensemble de la sécurité sociale a atteint 29,6 Md€ en soit un quasi-triplement en deux ans.

Ce déficit serait réduit de 5,2 Md€ en 2011 pour s’établir à 24,4 Md€. Ce niveau reste très élevé puisqu’il représente encore plus du double du déficit de 2008. Au sein de ce déficit, celui de l'assurance maladie passerait à 9,6 milliards en 2011.

 

Le 21 septembre, Didier Migaud, président de la Cour des Comptes, a critiqué devant les députés de la commission des affaires sociales, "la spirale de la dette sociale française, unique en Europe, qui va se poursuivre". En effet, le déficit alimente une dette qui s'élevait fin 2010 à plus de 130 milliards d'euros.

 

Pour 2012 et 2013, le gouvernement se garde bien de prendre les mesures nécessaires, en préférant prévoir un taux de croissance de 1,75 %, que tout le monde s'accorde à trouver totalement surévalué.

En outre, le PLFSS 2012 n’offre aucune perspective face à l’aggravation des inégalités sociales et territoriales devant la santé : il ne propose toujours rien pour lutter contre les dépassements d’honoraires, les déserts médicaux et confirme la taxation des Mutuelles qui aura des conséquences catastrophiques sur les assurés sociaux.

La droite se refuse à engager les réformes de structure qui sont attendues : assainissement des recettes par la suppression de niches fiscales improductives et pénalisantes, mise à contribution des revenus du capital, réorganisation du système de soins. La véritable lutte contre la surconsommation de médicaments en France appelle des réorientations fortes qui sont totalement absentes de la politique actuelle.

 

L’UMP fait semblant d’avoir quelques vagues idées à proposer pour la présidentielle dont la création d’une TVA sociale, nouveau moyen de réduire le pouvoir d'achat des plus pauvres.

 

Mais, au fond, l’objectif est toujours le même : diminuer la protection sociale des Français pour enrichir les assurances privées. Assurance maladie, pensions de retraite, handicap ou dépendance : tous ces risques sociaux représentent pour les assurances privées des marchés encore presque vierges. L’abandon de la sécurité sociale obligerait chacun à se tourner vers une assurance qui non seulement, gérerait moins bien que le système actuel mais surtout prélèverait sur cette dépense contrainte un profit substantiel

 

 

Quelles solutions ?

 

Réduire le déficit et la dette de la sécurité sociale est donc une ardente obligation pour la gauche. Ce n’est pas un objectif de « gestionnaire sérieux », mais un vrai projet progressiste. « La retraite, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas »

L’assurance maladie, c’est la possibilité pour tous d’avoir accès à une médecine de qualité sans se poser la question de ses moyens.

La couverture sociale de la dépendance, c’est une réponse non seulement au vieillissement de la population mais aussi aux besoins de toutes les familles qui ont un enfant handicapé, qu’il faut accompagner dignement tout au long de sa vie.

 

François Hollande propose plusieurs orientations pour faire disparaître de déficit récurrent qui met en danger l’existence même de la sécurité sociale à laquelle les Français sont si attachés.

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Changer du financement de la protection sociale, qui pèse injustement sur les salaires : il n’y aura plus qu’une seule imposition : CSG et impôt sur le revenu seront fusionnés pour devenir un seul impôt citoyen, payé par tous

Les revenus du patrimoine seront donc imposés selon le même régime et le même barème que les revenus du travail.

 

Développer une nouvelle donne dans le monde de la santé, centrée sur la place des patients dans le système de soins grâce à une refonte du fonctionnement de l’hôpital public, en coordonnant mieux hôpitaux de proximité, CHU et professionnels de santé.

Cette nouvelle donne sera financée par un redéploiement des investissements au profit des « déserts médicaux », et par un meilleur encadrement des remboursements de santé, séparant dépenses médicales et non médicales.